Entrevue avec Jeanne Saint-Julien
Posté par adminmar 31
Jeanne SAINT-JULIEN est photographe d’art et d’événements depuis une quinzaine d’années. Travaillant longtemps en argentique, elle a su attirer l’attention en capturant de façon très personnelle l’ambiance des concerts qu’elle a couverts. Son travail artistique puisant dans les univers qu’elle côtoie en a fait quelque chose d’unique, découvrez-la en quelques lignes.
Bonjour Jeanne, peux-tu te présenter et détailler un peu ton parcours ?
J’ai débuté la photographie à l’âge de quinze ans. J’avais reçu un appareil photo argentique pour mon anniversaire et il y avait un club photo au lycée… C’était en 1995, avant l’arrivée des appareils numériques. A l’époque je vivais à Paris, j’allais voir beaucoup de concerts et j’étais fascinée par cet univers rock’n’roll, j’ai donc emmené tout naturellement mon appareil photo avec moi. Pendant des années j’ai surtout utilisé le noir & blanc. Comme j’ai toujours travaillé sans flash, j’ai appris à tirer parti des flous de bougé, des forts contrastes, du grain de l’image des films dont je « poussais » au maximum la sensibilité.
En persévérant dans ma démarche photographique, j’ai eu l’occasion de travailler avec des groupes de rock « underground », et avec des magazines musicaux. J’ai réalisé énormément de photos live, ainsi que des photos de presse.
J’ai fini par intégrer la couleur à mon travail, j’aimais bien utiliser la diapositive, obtenir de grands aplats de couleurs saturées, très contrastées…
Pendant plus de dix ans, j’ai donc photographié les scènes indépendantes, les artistes émergeants. J’ai écumé les salles de concerts et quelques festivals…
J’ai collaboré pendant plusieurs années avec le webzine Obskure, et j’ai aussi beaucoup travaillé avec la compagnie de théâtre-rock Teen Machine menée par la chanteuse & comédienne France de Griessen.
J’ai aussi photographié à plusieurs reprises l’univers fantasmagorique du sculpteur Paul Toupet.
Et je participe à la revue de littérature La Femelle du Requin, en fournissant des images pour illustrer les textes.
Depuis trois ans, j’ai quitté Paris pour m’installer dans le sud-ouest de la France, au Pays de l’Ours. Mon travail photographique s’est éloigné des salles de concerts et s’est fait plus introspectif. Aujourd’hui je réalise surtout des portraits & des autoportraits.
Je suis désormais membre du collectif Ôssilà, un collectif d’artistes qui s’est constitué dans les vallées du secteur…
Quelles sont tes sources d’inspiration ?
J’ai toujours aimé les univers oniriques. Déjà, dans mes photos live, je cherchais à recréer mon univers intérieur par le biais des images que je tirais des concerts. Je voulais qu’on puisse être « happé » par une photo – même si l’on ne connaissait rien du groupe qui figurait dessus.
Je continue à évoluer autour de cette thématique : pour mes portraits et autoportraits je pars souvent d’images de rêves (ou de cauchemars) que j’ai pu faire…
Quelle est ta photo préférée et pourquoi ?
Question difficile. Disons que ma photo préférée c’est celle que je n’ai pas encore faite mais à laquelle je pense… Je mets beaucoup de temps à réaliser une idée, j’y réfléchis, je tourne autour – et puis finalement je me lance.
Quel matériel utilises-tu le plus souvent ?
Pour les photos de concerts j’ai utilisé pendant des années un appareil argentique Nikon FM2. C’est un appareil tout mécanique, sans bidules électroniques préprogrammés que je trouve pénibles à débrayer. Ça me convenait parfaitement, et en plus c’est très résistant. Cet appareil a survécu à de centaines de concerts dans des conditions parfois un peu difficiles !
Depuis mon déménagement en Haute-Garonne, j’ai investi dans un appareil numérique, grande nouveauté pour moi, un Nikon D60. J’avoue que l’instantanéité du numérique est assez séduisante, ne plus avoir à scanner mes négatifs pendant des heures est aussi très appréciable !
Peux-tu nous parler de tes projets récents et à venir ?
Avec le collectif Ôssilà, nous avons en projet pour cet été une résidence autour du thème du paysage et de la lisière. Une création commune devrait voir le jour en septembre, fruit d’une collaboration intensive entre des artistes issus d’horizons différents : plasticiens, vidéastes, danseurs, comédiens, land-artistes, photographes… La résidence et l’exposition qui suivra auront lieu à Aspet (31160), village du piémont pyrénéen.
J’avais déjà participé à une résidence (« Didôme » http://didome.blogspot.com/ ) organisée par ce même collectif en septembre dernier, en réalisant une installation, « La Chambre noire du psychanalyste ».
Je vais aussi sans doute participer à d’autres expositions collectives dans le secteur, notamment une exposition sur le thème du polar & du roman noir qui devrait avoir lieu cet automne…
Merci Jeanne !
Sites relatifs à l’article:
Jeanne Saint-Julien: http://www.jeannesj.com
Paul Toupet: http://www.paultoupet.com
La Femelle du Requin: http://lafemelledurequin.free.fr
Collectif Ôssilà: http://ossila.blogspot.com
Teen Machine: http://teenmachine.free.fr
France de Griessen: http://www.myspace.com/francedegriessen
Webzine Obskure: http://www.obskure.com


